Deumildizuite


 

Neuf Janvier, 12:14

La nouvelle année commence et je l'attendais tant. Pouvoir finir de tourner la page vraiment, la page si lourde et compliquée qu'a été 2017. Je suis soulagée. C'est toujours aussi con, le Temps n'est toujours pas une boucle de 365 jours, rien ne recommence, ça continue simplement. Mais c'est rassurant aujourd'hui, et je ne cherche pas plus loin. Ca ne va pas mal. La solitude est un peu pesante en ce moment. Les liens se font et se défont si vite... Je voudrais juste compter pour quelqu'un. Je ne sais pas tellement être seule, et je crois que j'ai pas envie d'apprendre.

 

 

Deux Février, 14:42

Je vais bien. Je ne sais pas quoi rajouter à cela, j'imagine que ça pourrait suffire, et je pense surtout que personne ne vient plus me lire ici. Je n'ai jamais écrit pour quelqu'un d'autre que moi-même mais finalement, tous les gens qui ont à savoir que je vais bien le savent déjà. La vie est assez douce. Les projets s'accumulent et même si l'avancée est presque imperceptible, le simple fait d'avoir un but, ou plusieurs, aide.

 

 

Trois Mars, 19:14

La vie est douce. Je me rends compte que, malgré les démons, les blessures qui font de moi quelqu'un de probablement très "torturé", je suis au fond une personne profondément optimiste. En dépit des problèmes, des mauvaises passes, je sais toujours que ça ira. C'est comme ça depuis vingt-six ans et depuis la nuit des temps d'ailleurs. La vie continue toujours. Avec ou sans moi. Avec, c'est mieux.

 

 

Dix Mars, 11:56

Un premier pied à Lyon. Ca y est. Après-demain, j'attaque un nouveau job là-bas. Je suis tellement heureuse d'avoir enfin franchi ce premier pas pour ma nouvelle vie. Le but, depuis que je suis rentrée à Saint-Etienne, a toujours été de m'installer sur Lyon. Parce qu'il y a de la vie, il y a les amis, il y a l'avenir. Même si ça ne se fera pas en quelques jours ni même quelques semaines, j'approche de mon but avec ce CDI lyonnais. Quelle chance, quelle vie chouette !

 

 

Dix-huit Mars, 19:12

Le boulot se passe très bien. Je pourrais difficilement souhaiter mieux, je travaille avec des gens que j'aime et le reste de l'équipe est juste très cool. Ca me prend beaucoup de temps et avec mes horaires + mes allers-retours chez moi, j'ai pas eu encore bien l'occasion de profiter de Lyon. Mais j'y suis bien, et qu'est-ce que j'ai hâte de m'y installer pour de bon ! La vie est douce. Je me rends compte que je n'ai besoin de rien de plus. J'ai une relation très chouette depuis un peu plus d'un mois, je ne sais pas où elle ira exactement et quel rôle jouera l'éloignement là-dedans. Mais j'arrête de me prendre la tête, de chercher 1000 réponses à autant de questions. Je vis. C'est tout. Je n'ai pas besoin de plus.

 

 

Treize Mai, 10:59

Ma période d'essai est terminée, je suis donc officiellement en CDI. La recherche d'appartement va pouvoir commencer sérieusement et j'espère que tout se fera vite. Mes filles me manquent atrocement. Je redescends de moins en moins souvent à Sainté étant donné le temps, l'énergie et le budget que ça me prend. Heureusement qu'on s'en occupe bien en mon absence mais j'ai besoin d'elles avec moi au quotidien. Deux mois déjà que j'ai commencé le boulot et que je suis donc loin d'elles. Ca commence à faire très long et à faire mal à chaque fois que je dois refermer la porte derrière moi et que je les vois me regarder partir encore une fois... Autrement, tout va pour le mieux. Au taf ça se passe toujours aussi bien, je suis comme un poisson dans l'eau. C'est loin d'être un rêve éveillé ni une vocation, mais on me forme à beaucoup de choses et cette polyvalence est quand même épanouissante. Lyon me plait plus encore que je ne l'aurais cru. Je m'y sens juste chez moi. J'ai tellement hâte d'y avoir mon nid. La cohabitation est idéale avec mes différents amis mais la solitude me manque. Être forcée de sociabiliser constamment, d'être toujours à peu près de bonne humeur, disponible, enthousiaste... Ca devient fatigant. J'aime autant ces personnes que j'ai besoin d'être seule, en réalité. Alors j'ai hâte, vraiment. Sinon, la relation dont je parlais précédemment s'est terminée. La distance n'a pas facilité la construction de quelque chose d'intéressant. Ce n'était pas satisfaisant et je suis bien seule, sans compte à rendre, à finir de me découvrir en tant qu'individu. Pour autant, bien sûr, être en couple me manque. Dans un vrai couple. Avoir une complicité unique avec quelqu'un me manque. La tendresse me manque. Tiens, une dernière chose. Ma tante se marie en octobre. Je doute en avoir parlé ici. Après 20 ans d'amour et un enfant, elle se marie à son homme. C'est tellement chou. J'ai déjà mes billets d'avion pour la Bretagne et une semaine de vacances validée pour l'occasion. L'impatience est là.

 

 

Vingt-quatre Août, 18:17

Plus de trois mois depuis la dernière mise à jour. Le quotidien a été mouvementé. J'ai trouvé un appartement à Lyon (enfin, plutôt dans un petit village limitrophe, j'ai un métro près de chez moi qui m'emmène directement au boulot, c'est le pied) et y ai emménagé début juillet. Le déménagement a été épuisant mais tellement salutaire. Je suis chez moi ici. J'ai récupéré mes filles et mon indépendance, je construis mon cocon, mon espace, mon univers. Je suis chez moi. Au même moment, littéralement la veille de mon déménagement, j'ai fait une belle rencontre. Un homme assez idéal qui est bien sûr toujours dans ma vie aujourd'hui. J'ai l'impression que ça peut durer, que ça peut marcher. Là encore, j'essaye de vivre la chose sans pression, sans trop d'attentes. Mais j'ai, par extension, comme la sensation d'avoir du mal à m'attacher réellement. J'ai eu tellement de déceptions en peu de temps, fait tellement de rencontres sans intérêt ou sans avenir... Je ne sais plus faire. Être dépendante, être amoureuse... Ce n'est peut-être pas plus mal au fond, ça évite des souffrances. Mais on ne va pas loin sans sentiment. On verra... Sinon, le boulot marche toujours à fond. L'ambiance est au beau fixe, j'ai l'impression de passer mes journées avec une bande de copines. Je prends de plus en plus de responsabilités et, ma foi, je crois que j'assure. Ca fera déjà bientôt six mois que j'y suis. Putain, que le temps passe vite !